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Revalorisation des IJSS maladie au 1er juillet 2026 : ce que ça change pour vos bulletins de paie

Une hausse de SMIC, et c’est tout votre processus de paie qui doit se réajuster. À compter du 1er juillet 2026, le plafond de calcul des indemnités journalières de Sécurité sociale (IJSS) augmente, conséquence directe de la revalorisation automatique du SMIC au 1er juin. Derrière ce simple ajustement mécanique se cache pourtant un sujet bien plus stratégique qu’il n’y paraît pour les services paie, RH et finance : paramétrage SIRH, maintien de salaire, subrogation… Décryptage de ce qui change concrètement, et de pourquoi ce n’est plus un détail à traiter une fois par an.

Pourquoi les IJSS augmentent au 1er juillet 2026

La revalorisation du SMIC entraîne une hausse du plafond de calcul des IJSS pour l’ensemble des arrêts de travail (maladie, maternité, paternité, accidents du travail et maladies professionnelles).

En prenant ici l’exemple spécifique des arrêts pour maladie ordinaire, la CPAM retient les salaires bruts soumis à cotisations des 3 mois précédant l’arrêt de travail, plafonnés à 1,4 SMIC mensuel. Le SMIC pris en compte correspond à celui en vigueur le dernier jour du mois civil précédant l’arrêt. Or, le SMIC a été revalorisé automatiquement le 1er juin 2026, passant de 12,02 € à 12,31 € brut horaire, soit une hausse de 2,41 %.

Mécaniquement, cette revalorisation du SMIC fait remonter le plafond de calcul des IJSS maladie, qui passe à 2 613,83 € (1,4 SMIC mensuel calculé sur la base du nouveau SMIC). Conséquence directe sur le montant maximal de l’indemnité journalière maladie :

Jusqu’au 30 juin 2026 Dès le 1er juillet 2026
IJSS maladie maximale 41,95 € bruts/jour 42,97 € bruts/jour

Une hausse qui peut sembler anecdotique sur le papier, mais qui se répercute sur chaque arrêt de travail débutant à partir de cette date.

À ne pas confondre avec la réforme du 1er avril 2025

Petit rappel utile pour éviter toute confusion en interne : depuis le 1er avril 2025, le plafond des rémunérations prises en compte pour le calcul des IJSS a été abaissé de 1,8 SMIC à 1,4 SMIC, dans le cadre d’une réforme structurelle visant à maîtriser les dépenses de l’Assurance maladie.

La revalorisation du 1er juillet 2026 ne remet absolument pas en cause cette règle. Elle s’inscrit au contraire dans son prolongement : c’est le même plafond de 1,4 SMIC qui s’applique, simplement recalculé sur la base du nouveau SMIC. Deux mécanismes différents, donc, qu’il vaut mieux ne pas mélanger dans vos communications internes : l’un a changé le multiplicateur (1,8 → 1,4 SMIC), l’autre ne fait qu’actualiser le montant du SMIC de référence.

Ce que ça change, poste par poste

Si le mécanisme paraît purement technique, ses effets se diffusent sur plusieurs fonctions de l’entreprise.

Paramétrage SIRH. Premier réflexe à avoir : vérifier que vos logiciels de paie intègrent bien le nouveau plafond avant la première paie de juillet. Un paramétrage non mis à jour, et c’est la fiabilité de vos flux DSN qui est en jeu, avec un risque de régularisations en cascade dans les mois suivants.

Maintien de salaire. Bonne nouvelle pour les employeurs qui pratiquent le maintien de salaire : un plafond IJSS plus élevé réduit mécaniquement le reste à charge sur le complément versé. Chaque euro supplémentaire pris en charge par la Sécurité sociale est un euro que l’entreprise n’a pas à compenser.

Subrogation. Pour les entreprises qui perçoivent directement les IJSS à la place du salarié, le montant des indemnités subrogées doit être recalculé sur la nouvelle base à partir du 1er juillet. Un point de vigilance d’autant plus important que la mécanique de la subrogation laisse peu de marge à l’erreur côté trésorerie.

Pourquoi ce sujet est devenu stratégique

On pourrait se dire qu’une variation d’un peu plus d’un euro par jour ne mérite pas tant d’attention. C’est oublier l’ampleur du phénomène qu’elle concerne. Selon la dernière étude de la DREES et de la CNAM portant sur les arrêts maladie indemnisés, la part des salariés ayant eu au moins un arrêt indemnisé au cours de l’année est passée de 25 % en 2010 à 28 % en 2023, soit plus d’un salarié sur quatre.

Autrement dit, le calcul des IJSS n’est plus un sujet ponctuel que l’on traite une fois par an au moment de la revalorisation du SMIC. C’est devenu un poste de paie récurrent, dont la sensibilité s’accroît à mesure que le SMIC progresse et que le recours aux arrêts maladie se maintient à un niveau élevé. Pour les directions RH et paie, anticiper ces ajustements réglementaires n’est plus une option : c’est une condition de fiabilité de la paie et de maîtrise du reste à charge employeur.

Comment sécuriser cette transition

La bonne nouvelle, c’est que cette revalorisation ne nécessite aucune démarche particulière de la part des entreprises : elle s’applique automatiquement à tous les arrêts de travail débutant à compter du 1er juillet 2026, les arrêts en cours restant calculés sur l’ancien plafond jusqu’à leur terme. L’enjeu se situe donc avant tout côté outils et process : SIRH à jour, calculs de subrogation recalibrés.

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