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Revue de Presse

« L’enjeu d’aligner son projet de décarbonation sur les attentes des décideurs publics »

Interview de Gaël Laporte, Responsable du marché Energie & Ressources chez Ayming publiée dans Le Figaro

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Auteurs

Gael LAPORTE web
Gaël LAPORTE

Responsable du marché Energie et Ressources

Dans une interview accordée au Figaro, Gaël Laporte, Responsable du marché Énergie & Ressources chez Ayming, décrypte les nouveaux enjeux de la décarbonation industrielle à l’aune des attentes des décideurs publics. Entre évolution rapide des cadres réglementaires (CSRD, directive Omnibus), montée en complexité des dispositifs de financement et exigence croissante de mesure d’impact, il souligne la nécessité pour les entreprises de structurer une trajectoire cohérente, finançable et crédible sur le long terme.

Le cabinet de conseil accompagne la croissance durable et les projets de transformation des industries,
en alignant les opportunités de financement avec les objectifs stratégiques des entreprises. Focus avec Gaël Laporte, Responsable du marché Energie & Ressources chez Ayming.

Que constatez-vous sur la progression de l’ESG-CSRD, chez les dirigeants ?

Gaël Laporte : Ils ont compris que la CSRD n’est plus un simple exercice de conformité, mais un cadre structurant leur stratégie. En revanche, ils peinent à se repérer dans une réglementation qui évolue en continu. La directive Omnibus, adoptée récemment, a révisé le champ d’application et fait naître de nouvelles interrogations. Beaucoup d’entreprises ont déjà investi dans leur stratégie ESG sans être certaines des exigences finales. Cette incertitude entraîne des choix organisationnels appelés à être réajustés. Disposer d’une veille solide pour anticiper devient indispensable : c’est ce qui permet de décider vite, sans se laisser déstabiliser par les changements successifs.

À quelles aides publiques les entreprises peuvent-elles prétendre ?

G. L. : La palette de financements est large, mais leur complexité exige de raisonner en architecture plutôt qu’en catalogue. On trouve des aides directes — subventions, prêts, avances remboursables — et de nouveaux outils structurants comme les contrats carbone pour différence (CCfD), qui sécurisent un prix du carbone stable sur 15 ans. S’ajoutent les aides indirectes soutenant la R&D, l’innovation et l’industrialisation : CIR, CII, C3IV

Enfin, la réglementation peut devenir un soutien compétitif : le MACF, par exemple, protège les productions bas carbone européennes en rééquilibrant la concurrence liée aux importations. Une stratégie de financement robuste combine ces leviers avec des financements de marché, associés à une gestion anticipée des besoins en trésorerie.

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Quels types d’investissements sont à privilégier afin de « pivoter » ?

G. L. : Avant toute décision d’investissement, la question essentielle est la qualification et quantification des gisements de réduction. Sans cette base, les décisions reposent sur des besoins à court terme. Des industriels s’engagent dans des projets isolés, sans cohérence globale. Ensuite vient l’arbitrage entre solutions « rapides », technologies matures, et innovations plus transformatrices, contraignantes et coûteuses mais essentielles sur le long terme. L’enjeu est de séquencer ces investissements pour dégager des gains immédiats tout en consolidant une trajectoire crédible et durable. Les financeurs publics, comme privés, regardent de près cette logique d’ensemble.

Quelles sont les ressources qu’Ayming mobilisent pour optimiser l’accompagnement ?

G. L. : Nous sommes 1 600 collaborateurs dans 14 pays, organisés par secteurs. Notre rôle consiste à traduire les ambitions industrielles en projets solides et finançables, en tenant compte des orientations des politiques publiques, des critères des dispositifs, et des budgets disponibles. Chaque année, en France, nous analysons plus de 10 000 projets et déposons environ 2 000 dossiers de financements. Cette granularité nous permet d’avoir une vision fine des bonnes pratiques, d’anticiper les évolutions des programmes et d’aider nos clients à se positionner dans un contexte devenu très compétitif.

Quelles mutations observez-vous ?

G. L. : Nous évoluons dans un environnement où la visibilité se réduit. Les tensions géopolitiques, les cycles politiques, les changements réglementaires influencent les arbitrages budgétaires, ce qui pousse les entreprises à revoir régulièrement leur stratégie d’investissement. Par ailleurs, le « tout subvention » disparaît progressivement. Les financeurs demandent plus d’engagements, plus d’impacts chiffrés et de perspectives fi nancières travaillées. La compétition entre projets est plus forte : il ne suffit plus d’être innovant, il faut démontrer sa pertinence environnementale, économique et industrielle, à l’échelle française et européenne.

Quels impacts concrets les entreprises peuvent-elles mesurer ?

G. L. : La mesure d’impacts devient un élément structurant des demandes de financements. Les entreprises doivent travailler sur des indicateurs lisibles, comparables et partagés : baisse des émissions, gains énergétiques, emplois & compétences, effets territoriaux… Ces leviers de pilotage nourrissent la crédibilité de la stratégie, renforcent le dialogue avec les partenaires publics et privés, et sont des vecteurs de communication, internes comme externes.

En conclusion

Ce qu’il faut retenir

  • La CSRD n’est plus un exercice de conformité, mais un véritable cadre stratégique, encore difficile à appréhender dans un contexte réglementaire mouvant.

  • Les financements publics doivent être pensés comme une architecture, combinant aides directes, dispositifs fiscaux (CIR, CII, C3IV), outils innovants (CCfD) et mécanismes réglementaires comme le MACF.

  • La décarbonation efficace repose sur une priorisation claire des investissements, entre solutions immédiatement activables et innovations de rupture, à séquencer dans le temps.

  • Les financeurs attendent désormais des projets démontrant des impacts mesurables, environnementaux, économiques et territoriaux.

  • L’expertise sectorielle et la veille réglementaire sont devenues déterminantes pour sécuriser les financements dans un environnement de plus en plus concurrentiel et incertain.

ampoule CIR

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