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Financement public 2025 – 2026
Face à l’incertitude économique et à la nécessité d’innover, le financement public s’impose comme un levier stratégique pour les entreprises. Bien utilisé, il permet d’accélérer des projets structurants, de partager le risque et de renforcer la crédibilité auprès des investisseurs. Retour sur le webinaire « Financement public 2025-2026 » pour comprendre comment transformer ces dispositifs en véritables moteurs de croissance.
Article issu du replay du webinaire « Financement public 2025-2026 : comment accélérer vos projets d’entreprise ? »
Accélérer sans se substituer : la vraie vocation du financement public
Dans un contexte économique et politique incertain, de nombreuses entreprises s’interrogent : comment continuer à investir, innover et se développer sans fragiliser leur structure financière ?
Le webinaire « Financement public 2025-2026 » a apporté une réponse claire : le financement public n’a pas vocation à se substituer aux fonds privés, mais à accélérer des projets déjà solides ; en partageant le risque quand il s’agit d’innovation.
Comme il a été rappelé « le financement public est avant tout incitatif. Il intervient pour aller plus vite et plus loin. » En effet, le soutien public doit permettre à l’entreprise d’être plus ambitieuse dans son projet d’investissement ou d’innovation. C’est aussi pour ça que toute demande de financement doit être réalisée en amont de la signature d’un bon de commande.
Comprendre l’organisation du financement public
Avant de solliciter une aide, il est essentiel de comprendre l’écosystème du financement public.
Des décisions à plusieurs niveaux
Les politiques de financement sont décidées et déployées à différents échelons :
Européen :
définition des grandes orientations (innovation, transition écologique, compétitivité)
National :
déclinaison de ces priorités par l’État ; ce dernier peut aussi renforcer certains axes.
Régional :
adaptation aux enjeux économiques et industriels des territoires.
Les régions, représentées par les Conseils régionaux, jouent un rôle clé, notamment depuis la loi NOTRe de 2015, en matière de développement économique, d’innovation et de transition écologique. D’autres représentations à l’échelle départementale sont aussi susceptibles d’être sources de soutien financier. L’aspect du “mille feuilles administratif “peut donc se faire ressentir et il est indispensable d’avoir une approche méthodologique solide pour établir les liens avec les interlocuteurs ciblés.
Des formes d’aides variées
Les financements directs que les entreprises peuvent solliciter prennent différentes formes (subventions, avances remboursables, prêts) sans qu’elles en aient le choix. C’est le financeur qui décide de la forme du financement qu’il souhaite proposer.
Chaque dispositif répond à des règles précises, avec des exigences en matière de fonds propres, d’impacts environnementaux et sociétaux et de suivi. Ces financements sont parfois ouverts en continu, ou font l’objet d’appel à projets avec une date de lancement, une date de fin et des délais pour déposer les demandes susceptibles d’être relativement courts.
Le rôle central des régions : l’exemple de l’Auvergne Rhône–Alpes
Les régions sont des acteurs majeurs du financement public, notamment par la gestion de fonds européens comme le FEDER ou le FEADER quand il s’agit de l’industrie agroalimentaire.
En Auvergne Rhône-Alpes, comme dans toutes les régions, la stratégie est structurée autour du Schéma régional de développement économique, d’innovation et d’internationalisation (SRDEII), qui définit les priorités régionales.
Des thématiques, variables en fonction des Régions, sont fortement soutenues
Parmi les secteurs clés financés, on peut citer :
Innovation et R&D
Industrialisation et compétitivité
Transition écologique et énergétique
Santé, mobilité, énergie, agroalimentaire, textile, sport, numérique
Les régions ciblent prioritairement les PME, mais certains dispositifs peuvent également couvrir les ETI, voire parfois les grandes entreprises.
France 2030 : un puissant levier d’accélération dans certains domaines
Le webinaire a également rappelé le rôle essentiel et structurant du programme France 2030.
En Auvergne Rhône–Alpes, ce sont
qui ont été mobilisés, opérés notamment par la BPI, l’ADEME ou la Banque des Territoires.
Depuis 2022, plus de la moitié de cette enveloppe a été engagée pour soutenir :
- des projets d’innovation individuels,
- des projets collaboratifs régionaux,
- la transformation des filières,
Des fonds restent disponibles. De nouveaux appels à projets se sont ouverts en 2026, ce qui ouvre de réelles opportunités pour les entreprises porteuses de projets.
Retour d’expérience : le financement public vu par un dirigeant
Stanislas DESJONQUERES, dirigeant de Nexbiome Therapeutics, a partagé un retour d’expérience concret sur le recours aux financements publics dans une biotech.
Les bénéfices clés
Selon lui, le financement public offre trois avantages majeurs :
Un effet de levier financier
en complément des fonds privés
Une caution externe
rassurante pour les investisseurs
Un calendrier lisible
avec des processus structurés pour le dépôt du dossier de demande
Les points de vigilance
Il a également souligné plusieurs contraintes à anticiper :
- Des exigences fortes en fonds propres,
- Des versements parfois tardifs,
- Une vigilance nécessaire sur la gouvernance, la propriété intellectuelle et la valorisation,
- Une certaine opacité dans les décisions.
Le financeur a en effet le dernier mot et aucune obligation à justifier son choix de soutien.
Ces éléments confirment l’importance d’une stratégie claire et d’une démarche initiée dès que l’idée d’un projet émerge.
Ce qu’attendent réellement les financeurs publics
Contrairement aux investisseurs privés, les financeurs publics ne recherchent pas un ROI financier, mais des retombées économiques et sociétales.
Les projets financés doivent démontrer :
Une création d’emplois ou a minima leur maintien
Un impact positif sur la compétitivité et la souveraineté
Une contribution à la transition écologique (décarbonation, économie circulaire)
Une attractivité renforcée du territoire
L’impact d’un projet se mesure donc à l’échelle de l’entreprise mais aussi au-delà de son périmètre.
Comment bien préparer sa demande de financement ?
Les intervenants ont rappelé une méthode clé en plusieurs étapes :
Vérifier l’alignement du projet avec les priorités régionales ou nationales
Identifier les appels à projets adaptés ou les dispositifs au fil de l’eau
Pré-valider l’éligibilité auprès des financeurs (région, BPI, ADEME, agences de l’eau…)
Structurer le dossier et formaliser les impacts
Déposer et sécuriser le projet jusqu’au financement
La demande de financement est un projet en soi, qui nécessite anticipation et structuration.
Les bonnes pratiques à retenir
Pour maximiser ses chances de succès il faut donc :
Anticiper
Disposer de fonds propres suffisants
Être en règle fiscalement et socialement
Démontrer la pérennité de l’activité
Intégrer les enjeux environnementaux
Mettre en avant les retombées territoriales
Un accompagnement expert peut faire la différence, de la structuration de l’idée jusqu’au reporting post accord de financement.
Le financement public est un véritable accélérateur de projets d’entreprise, à condition d’être bien compris et bien utilisé. Il s’adresse à des entreprises solides, porteuses de projets alignés avec les priorités publiques et capables de démontrer un impact durable. Anticiper, structurer et se faire accompagner sont les clés pour transformer ces dispositifs en leviers de croissance.