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La Voix des RH : arrêt de travail et indemnités, les clés pour un traitement efficace

Obligations et bonnes pratiques pour les employeurs

Dans ce nouvel épisode de la voix des RH, nous allons aborder les clés de sécurisation de la gestion de l’absence. Amandine JULLIEN, manager au sein du groupe Ayming et Laure-Hélène SIRANOSSIAN, team Leader de l’équipe «Gestion de l’absence», vous partagent les solutions concrètes pour accélérer le traitement des arrêts de travail et optimiser la gestion des indemnités journalières, qu’elles soient directement versées au salarié ou via la subrogation pratiquée par l’employeur.

Ecoutez votre épisode dès maintenant :

Pour ceux qui préfèrent nous lire, retrouvez la retranscription ci-dessous :

Au programme de cet épisode :

 

Amandine JULLIEN : Bonjour Ă  toutes et Ă  tous et bienvenue dans un nouvel Ă©pisode de notre podcast «La Voix des RH» dĂ©diĂ© Ă  la sĂ©curisation de la gestion de l’absence. Je suis Amandine JULIEN, manager au sein du groupe Ayming dans le dĂ©partement des Services ManagĂ©s. et je suis accompagnĂ©e aujourd’hui de Laure-HĂ©lène qui va se prĂ©senter.

Laure-HĂ©lène SIRANOSSIAN : Bonjour, je m’appelle Laure-HĂ©lène SIRANOSSIAN, je suis Team Leader au sein de l’Ă©quipe « Gestion de l’absence » chez Ayming. Je suis ravie de partager avec vous ce podcast.

Amandine JULLIEN : Il va ĂŞtre question aujourd’hui de vous donner des solutions concrètes pour diminuer au maximum le dĂ©lai de traitement des organismes de sĂ©curitĂ© sociale, que ce soit la CPAM ou la MSA, et d’aborder l’optimisation de la gestion de l’absence. Notre quotidien, avec Laure-HĂ©lène, c’est d’accompagner les entreprises. dans l’optimisation de leur performance RH.

L’une de nos nombreuses expertises, c’est de proposer des solutions d’accompagnement et d’externalisation de processus, et entre autres en gestion de l’absence, du traitement de l’arrĂŞt de travail de manière dĂ©matĂ©rialisĂ©e jusqu’au recouvrement des IJSS au fil de l’eau.

Dans ce cadre, nous nous adaptons aux besoins et process de nos clients pour leur apporter des solutions sur mesure qui les soulagent de tâches souvent chronophages et fastidieuses, mais en même temps précise et technique.

L’arrĂŞt de travail survient : Ă  quoi dois-je penser ?

Quand nous avons un salariĂ© en situation d’arrĂŞt de travail, l’enjeu pour lui est d’obtenir rapidement le versement de ses indemnitĂ©s journalières pour compenser sa perte de salaire. Et dans le cas oĂą son employeur pratique la subrogation, l’enjeu est dĂ©placĂ© dans l’entreprise car c’est elle qui doit maĂ®triser les consĂ©quences financières de ce bĂ©nĂ©fice accordĂ© aux collaborateurs.

Laure-Hélène SIRANOSSIAN : Au niveau du délai de traitement de la CPAM, elle va commencer à verser le montant des IJSS auxquels le salarié a droit après traitement du dossier et ensuite tous les 14 jours en moyenne.

Dans les faits, ce dĂ©lai de traitement peut ĂŞtre allongĂ© en fonction des pratiques de la CPAM, de l’engorgement administratif ou encore, et c’est ici que nous allons pouvoir agir, lorsqu’un document est manquant ou mal renseignĂ©.

Pour faciliter le traitement par les organismes sociaux des arrêts et maximiser le délai de traitement, il convient de mettre à disposition des gestionnaires les éléments nécessaires au calcul et au versement des indemnités.

Amandine JULLIEN : VoilĂ , nous allons donc vous donner des conseils pour Ă©viter les retards de versement des IJSS, que ce soit directement au salariĂ© ou bien Ă  l’employeur quand il pratique la subrogation.

Nous allons balayer le cycle de traitement d’un arrĂŞt de travail, du moment oĂą il est rĂ©digĂ© par le mĂ©decin, puis transmis et portĂ© Ă  la connaissance de l’employeur par le salariĂ©, et adressĂ©e en mĂŞme temps Ă  la CPAM, qui est en charge du calcul et versement des sommes.

Laure-Hélène SIRANOSSIAN : Nous allons identifier ensemble les points de vigilance, les astuces, identifier également les points de contrôle et de validation avant de passer à la prochaine étape. En premier lieu, Nous allons commencer par le départ. Lorsque nous recevons un arrêt de travail qui est rédigé par un médecin, nous allons pouvoir faire des vérifications rapides pour valider sa conformité.

Cette première Ă©tape est essentielle pour la suite, car en cas d’anomalie, plus vite nous nous rapprochons du collaborateur, plus vite il pourra lui-mĂŞme se rapprocher de son mĂ©decin et faire les modifications par rapport au CERFA.

Quels sont les diffĂ©rents points de contrĂ´le en cas d’arrĂŞt de travail ?

Vérifier les informations clés du collaborateur

Laure-HĂ©lène SIRANOSSIAN : Tout d’abord au niveau de la partie haute du certificat, qui concerne la partie administrative, nous allons vĂ©rifier le numĂ©ro de sĂ©curitĂ© sociale du collaborateur pour vĂ©rifier qu’il n’y a pas d’erreur. Ensuite, nous allons vĂ©rifier l’adresse indiquĂ©e par le salariĂ©, car en cas de dĂ©mĂ©nagement du collaborateur, nous risquons d’avoir des Ă©lĂ©ments qui sont envoyĂ©s Ă  plusieurs CPAM diffĂ©rentes.

Prenons un exemple. Nous avons un salariĂ© affiliĂ© Ă  la CPAM des Bouches-du-RhĂ´ne qui dĂ©mĂ©nage en rĂ©gion PACA. Il va envoyer son arrĂŞt Ă  la CPAM de la rĂ©gion PACA.  L’employeur, lui, s’il n’a pas fait la modification au sein de ses outils de gestion, va transmettre la prestation de salaire Ă  la CPAM des Bouches-du-RhĂ´ne. RĂ©sultat : le dossier sera incomplet et la CPAM ne pourra pas procĂ©der au versement des sommes.

Vérifier la cohérence et l’exhaustivité des cases cochées 

Ensuite, selon le cas, il convient de vĂ©rifier la cohĂ©rence et l’exhaustivitĂ© des cases cochĂ©es (initiale, prolongation, maladie, AT/MP, le cas Ă©chĂ©ant TPT, Ă©tat pathologique en cas de grossesse).

Nous allons prendre l’exemple d’un arrĂŞt de travail qui est Ă©ditĂ© au titre d’un accident de travail. Donc si c’est cochĂ© accident de travail sur le CERFA, il faudra vĂ©rifier par exemple qu’il y ait bien une date d’accident de travail.

Vérifier la cohérence des dates

Amandine JULLIEN : Dans le mĂŞme esprit, il est nĂ©cessaire de vĂ©rifier la cohĂ©rence des dates, notamment pour les cas de prolongation avec les dates de l’arrĂŞt initial qui a dĂ©jĂ  Ă©tĂ© enregistrĂ©. En dehors des week-ends, si l’arrĂŞt est discontinu, la CPAM ne prendra pas en compte la prolongation et l’indemnisera au titre d’un initial appliquant une nouvelle fois un dĂ©lai de carence de 3 jours, par exemple pour la maladie.

C’est un enjeu qui n’est pas nĂ©gligeable pour les salariĂ©s. Dans les cas oĂą nous avons un arrĂŞt de travail pour AT, il faut en effet bien s’assurer que la date de l’accident est bien renseignĂ©e sur le certificat et qu’elle est cohĂ©rente avec les Ă©lĂ©ments dont nous disposons.

Vérifier que le CERFA est bien authentifié par le médecin

Dernier point de contrĂ´le qui consiste Ă  vĂ©rifier si le mĂ©decin a bien apposĂ© sa signature et s’il a bien notĂ© son numĂ©ro de RPPS. RPPS c’est le rĂ©pertoire partagĂ© des professionnels de santĂ©, c’est un numĂ©ro unique composĂ© de 11 chiffres qui doit impĂ©rativement ĂŞtre mentionnĂ© en bas du CERFA.

Autres vĂ©rifications : typologie de l’arrĂŞt, lieu gĂ©ographique, incohĂ©rence, …

Nous venons de le voir, le CERFA peut contenir des anomalies qui sont essentiellement liées à une action humaine, un oubli de signature, une case mal cochée, des incohérences de date, etc.

Nous pourrions aller plus loin sur l’optimisation de communication et de traitement d’autres incohĂ©rences statistiques Ă  rĂ©ception de l’arrĂŞt.

Par exemple sur les questions Ă  se poser sur certaines typologies d’arrĂŞt, sur des incohĂ©rences de lieux gĂ©ographiques, de l’arrĂŞt par rapport Ă  la localisation du salariĂ©, etc. Nous pourrons aborder cette thĂ©matique plus en dĂ©tail sur un autre podcast ultĂ©rieur, car il existe beaucoup d’autres cas de vĂ©rification.

Le cycle de traitement d’un arrĂŞt de travail : 4 Ă©tapes clĂ©s

1. La saisie de l’arrĂŞt de travail

Laure-HĂ©lène SIRANOSSIAN : Ici, une fois que l’arrĂŞt est vĂ©rifiĂ© et qu’il est conforme, nous allons le saisir dans les outils de gestion de l’entreprise. Nous allons aborder ensemble quelques rĂ©flexes Ă  adopter au moment de cette saisie:

Premier rĂ©flexe : vĂ©rifier l’absence de chevauchement entre deux absences

Le premier réflexe:  lorsque le collaborateur transmet un arrêt de travail, il est primordial de vérifier l’absence de chevauchement avec une autre absence, télétravail, congé pour tout autre motif, etc. En effet, selon le cas, l’arrêt maladie va prévaloir sur l’absence enregistrée :

  • S’il a Ă©tĂ© prescrit avant le dĂ©but des congĂ©s, l’arrĂŞt de travail va primer sur les congĂ©s et le collaborateur a droit Ă  un report de ses congĂ©s payĂ©s après la date de reprise du travail. Il conviendra de le modifier dans le logiciel de gestion des temps pour prendre en compte ce report.
  • En revanche, si l’arrĂŞt est prescrit durant la pĂ©riode de congĂ©, il n’y aura pas de modification Ă  effectuer, le congĂ© va primer sur l’absence. Cependant, l’enjeu se situe ailleurs.

Amandine JULLIEN : En effet, dans cette seconde hypothèse, le salariĂ© pendant ses congĂ©s a droit au versement de ses IJ pendant cette pĂ©riode, en plus du versement de son salaire ou de son congĂ© payĂ©. L’employeur doit rĂ©aliser une attestation de salaire sans subrogation pendant la durĂ©e du chevauchement pour que le collaborateur touche Ă  la fois son salaire en congĂ©s payĂ©s et ses indemnitĂ©s.

Il est par contre possible de rencontrer des règles diffĂ©rentes, par exemple si certains accords d’entreprise prĂ©voient le report des congĂ©s lors de la surveillance d’un arrĂŞt maladie. Un autre point d’intention aussi lors de la saisie de l’arrĂŞt de travail, qui consiste Ă  vĂ©rifier l’information d’absence en cas de prolongation. Il faut bien vĂ©rifier que la case prolongation soit cochĂ©e, et s’assurer de la cohĂ©rence des dates d’arrĂŞt enregistrĂ©.

En cas d’arrĂŞt discontinu, la CPAM applique une tolĂ©rance uniquement pour le motif liĂ© Ă  la maladie, dans un dĂ©lai de 48 heures entre deux prescriptions, du vendredi au lundi et pendant les jours fĂ©riĂ©s. Pour les autres motifs, que ce soit AT/MP, maternitĂ©, paternitĂ©, la CPAM n’applique pas de tolĂ©rance. Donc il convient de transmettre des arrĂŞts continus.

Laure-HĂ©lène SIRANOSSIAN : S’il n’y a pas de continuitĂ© dans l’absence, La CPAM va enregistrer l’arrĂŞt en initial et va dĂ©compter 3 jours de carence.

Si vous vous posez encore des questions sur la gestion des CongĂ©s payĂ©s en cas d’arrĂŞt de travail, nous y avons consacrer un article dĂ©diĂ© :

Second réflexe : mesurer les impacts

Le second rĂ©flexe, mesurer les impacts, il faut considĂ©rer les situations selon que l’arrĂŞt est ou non subrogĂ©.

  • Dans le cas classique oĂą c’est le salariĂ© reçoit ses indemnitĂ©s, il va subir la perte de salaire de 3 jours. La seule manière pour lui de rĂ©gulariser la situation, est de se rapprocher de son mĂ©decin pour qu’il lui fasse un arrĂŞt rectificatif et prendre en compte la continuitĂ© de l’absence.
  • Lorsque l’employeur pratique la subrogation et le maintien de salaire Ă  100%, il enregistre l’arrĂŞt qui va se dĂ©verser en paye et va prĂ©compter les trois jours. Ce qui gĂ©nère un Ă©cart entre ce que la CPAM va verser et ce que l’employeur va prĂ©compter. Pour rĂ©gulariser cette situation, encore une fois, le salariĂ© doit se rapprocher de son mĂ©decin. Et s’il ne le fait pas, la seule manière pour l’employeur de rĂ©gulariser cette situation d’Ă©cart entre les deux, va ĂŞtre de rĂ©gulariser sur la paye.

Troisième réflexe : vérifier les droits du collaborateur

Amandine JULLIEN : En effet, ainsi le troisième rĂ©flexe est de vĂ©rifier, en fonction des conditions qui sont appliquĂ©es au sein de l’entreprise, si le salariĂ© a atteint ses droits.

Et en cas de subrogation, si le salarié a toujours droit à cette subrogation. Il faut réaliser une attestation de salaire conforme à la situation. Si ce n’est pas réalisé, on rencontre plusieurs cas de figure :

  • L’employeur peut continuer Ă  prĂ©compter des montants alors mĂŞme que le salariĂ© n’a plus le droit Ă  la subrogation, car la CPAM va verser le montant des IJSS conformĂ©ment Ă  l’attestation de salaire reçue.
  • Autre cas de figure, si la vĂ©rification n’est pas effectuĂ©e correctement et que l’attestation de salaire transmet de mauvaises informations, le risque pour l’employeur qui subroge est de continuer Ă  prĂ©compter une absence en paie et Ă  maintenir le salaire du collaborateur, alors que la pĂ©riode de subrogation indiquĂ©e dans l’attestation de salaire ne coĂŻncide pas. L’employeur devra rĂ©cupĂ©rer par rĂ©gularisation en paie les IJSS qu’il aura trop prĂ©comptĂ©.

Quatrième rĂ©flexe : faire une dĂ©claration auprès de l’organisme de prĂ©voyance

Laure-HĂ©lène SIRANOSSIAN : Enfin quatrième rĂ©flexe, en lien avec la suite du dossier. En fonction du nombre de jours d’arrĂŞt qui est prescrit, il faut vĂ©rifier s’il convient d’effectuer une dĂ©claration auprès de l’organisme de prĂ©voyance.

Sans détection du passage en prévoyance et si nous déclarons le dossier au-delà du délai de franchise, l’organisme de prévoyance refusera d’indemniser la période forclose.

  • Il y aura un impact direct sur la perte de salaire du salariĂ©, s’il a repris son poste, l’organisme ne versera tout simplement pas le montant que le salariĂ© aurait dĂ» percevoir en cas de dĂ©claration tardive.
  • Si le salariĂ© est toujours en arrĂŞt, alors l’organisme de prĂ©voyance commencera le versement des IJP, Ă  partir de la date de dĂ©claration tardive, ce qui implique une perte  pour le salariĂ©, ou pour l’employeur qui subroge.

2. Transmission des documents Ă  la CPAM

Amandine JULLIEN : A ce stade, nous avons fait les points de contrĂ´le, l’arrĂŞt est conforme et il est saisi dans les outils de gestion de paie. Pour que la CPAM soit en capacitĂ© de calculer et de verser le montant des IJ auxquels le salariĂ© a droit, elle doit avoir en sa possession deux Ă©lĂ©ments, l’un qui Ă©mane du collaborateur et l’autre de l’employeur.

Premier document : volet 1 et 3 de l’arrĂŞt de travail

Premièrement, le collaborateur doit transmettre les volets 1 et 2 de son arrêt de travail à la CPAM dans les 48 heures. Et plus le salarié va tarder à transmettre son arrêt, plus long sera le traitement du dossier.

Laure-HĂ©lène SIRANOSSIAN : Justement, si le salariĂ© ne respecte pas ce dĂ©lai de 48 heures, il peut se voir exposĂ© Ă  des sanctions. La CPAM peut dĂ©cider de diminuer le taux journalier des IJSS, et si c’est rĂ©current, elle pourra mĂŞme dĂ©cider de ne pas verser le montant des IJSS.

Donc l’impact pour le salariĂ© est assez important. Il faut garder en tĂŞte que ce n’est pas parce que l’employeur subroge que ça enlève au salariĂ© son obligation d’envoyer les volets 1 et 2 Ă  la CPAM/MSA. Il faut sensibiliser et communiquer rĂ©gulièrement auprès des collaborateurs pour rappeler cette obligation.

Le collaborateur aura tout simplement tendance Ă  oublier de rĂ©aliser l’action, puisqu’il ne sentira pas la perte de salaire due Ă  son absence.

Amandine JULLIEN : Effectivement, la pratique de la subrogation, n’exonère pas le salariĂ© de s’acquitter de son obligation. Et tant qu’il n’a pas transmis son arrĂŞt Ă  la CPAM, la CPAM ne versera pas le montant des IJ. Dans le cas de la sanction et d’un versement moindre du montant initial, l’employeur devra rĂ©aliser une rĂ©gularisation sur le taux appliquĂ© simplement pour faire correspondre le montant prĂ©comptĂ© avec le montant remboursĂ© par la CPAM.

Deuxième document : l’attestation de salaire

Le deuxième Ă©lĂ©ment que la CPAM a besoin et qui Ă©mane de l’employeur est l’attestation de salaire. Il y a de nombreux points de vigilance pour Ă©viter les blocages car c’est Ă  partir de cette attestation que la CPAM dĂ©termine le droit aux IJ du salariĂ© et en calcule le montant.

Laure-HĂ©lène SIRANOSSIAN : Au niveau de l’attestation de salaire elle se transmet gĂ©nĂ©ralement via la DSN Ă©vĂ©nementielle, ou elle peut ĂŞtre faite via NetEntreprise. Elle permet d’indiquer les salaires de base Ă  prendre en compte pour le calcul du montant Ă  reverser aux salariĂ©s. Tout d’abord, ça implique de vĂ©rifier le paramĂ©trage des outils afin de transmettre les bonnes infos Ă  la CPAM concernant les salaires. En effet, les règles de calcul vont ĂŞtre diffĂ©rentes selon le motif de l’arrĂŞt.

A titre d’exemple, le calcul du salaire Ă©tabli va ĂŞtre diffĂ©rent selon un arrĂŞt maladie ou un arrĂŞt pour accident du travail. Pour la maladie, nous prenons en compte les trois derniers mois de salaire qui prĂ©cèdent le dernier jour travaillĂ©. Alors que pour l’AT, nous ne prenons en compte que le dernier mois de salaire. Il y a un point d’attention au sujet de cette subtilitĂ©.

Il faut bien s’assurer que le calcul effectuĂ© Ă  travers l’outil est correct, notamment au regard des primes annuelles Ă  prendre en compte dans le calcul. Nous avons souvent des anomalies qui peuvent passer inaperçues et qui auront des impacts sur les montants digiversĂ©s. Il peut ĂŞtre intĂ©ressant de rĂ©aliser des audits des salaires Ă©tablis, particulièrement si l’outil de paie a rĂ©cemment Ă©tĂ© changĂ©. Le calcul sur le salaire Ă©tabli constitue en soi un vĂ©ritable enjeu que nous pourrons aborder lors d’un prochain sujet.

Amandine JULLIEN : Absolument, autre Ă©lĂ©ment important de l’attestation de salaire, est l’intĂ©gration du dernier jour travaillĂ©, le fameux DJT. C’est vraiment le point de dĂ©part du calcul du salaire, le DJT correspond au jour prĂ©cĂ©dent de l’arrĂŞt de travail, y compris dimanche et jour fĂ©riĂ©.

Par exemple, pour un arrĂŞt dĂ©butant un lundi, le dernier jour de travail Ă  renseigner sur l’attestation de salaire sera bien la veille, le dimanche. Pareil, si nous avons un arrĂŞt qui survient le 2 mai, le DJT, sera bien le 1er mai, mĂŞme si c’est un jour fĂ©riĂ©. Si le dernier jour travaillĂ© indiquĂ© sur l’attestation de salaire n’est pas cohĂ©rent, la CPAM bloquera le versement des indemnitĂ©s journalières.

Laure-Hélène SIRANOSSIAN : Un bon paramétrage de la DSN et le bon calcul de l’IJ permettra le versement des IJSS par la CPAM/MSA et évitera les rejets.

Les rejets sont souvent liés à un DJT non cohérent avec les prescriptions réceptionnées par la CPAM (problème de transmission d’arrêt par le salarié, ou erreur de saisie de l’arrêt dans les outils GTA/Paie) ou bien à un problème de calcul de salaire différent de ce qui est communiqué tous les mois par la DSN.

Il faut également bien vérifier le risque de l’absence, en effet il est possible sur plusieurs risques d’arrêt se suivent et la bonne identification des périodes par risque évitera un rejet de la CPAM.

Amandine JULLIEN :

Par exemple, prenons le cas du congé pathologique prescrit pour une durée supérieure à 14 jours.

Nous avons un arrêt de travail pour congé pathologique, du 01/09 au 28/09 puis un congé maternité qui débute le 29/09. La CPAM enregistrera l’arrêt en congé pathologique du 01/09 au 14/09 (et non en suivant la prescription médicale), en maladie du 15/09 au 28/09 et en congé maternité à compter du 29/09.

Dans cette exemple l’employeur va devoir transmettre 3 attestations de salaire différentes puisque le motif de l’arrêt est différent, avec le même DJT, soit dans cet exemple le 31/08 :

  • AS MATER du 01/09 au 14/09,  
  • AS MALA du 15/09 au 28/09,  
  • AS MATER du 29/09.

Laure-HĂ©lène SIRANOSSIAN : Donc nous avions vu que l’employeur devait rĂ©aliser une attestation de salaire dès qu’il y a un Ă©vĂ©nement en rapport Ă  un arrĂŞt de travail, mais il doit rĂ©aliser d’autres attestations de salaire dans diffĂ©rents cas, nous allons en donner trois ici.

  • Le premier, c’est l’attestation de salaire de plus de 6 mois. Comme son nom l’indique, lorsque l’arrĂŞt dĂ©passe 6 mois, la CPAM a besoin d’une attestation de salaire spĂ©cifique afin de pouvoir rĂ©tablir le salaire au plus juste. Ici, on indiquera le montant total du nombre d’heures de travail ou assimilĂ©es effectuĂ©es au cours des 12 derniers mois civils avant le DJT et le montant total des salaires bruts soumis Ă  cotisations de sĂ©curitĂ© sociale versĂ©es au cours des 12 derniers mois civils avant le DJT
  • En second nous avons l’attestation de salaire de reprise anticipĂ©e. Lorsqu’un arrĂŞt a Ă©tĂ© prescrit sur une pĂ©riode mais que le salariĂ© est apte Ă  reprendre son poste en anticipĂ©e. Pour stopper le versement des IJSS, il faut avertir la CPAM par le bais une attestation de salaire de reprise anticipĂ©e. Il suffit d’indiquer la date de DJT  et la date de la reprise anticipĂ©e sur net entreprise. Pour rappel cette information doit ĂŞtre transmis dans les 48H Ă  la CPAM par l’employeur

Amandine JULLIEN :

  • La troisième attestation que nous voulions Ă©voquer, est l’attestation de salaire pour les temps partiels thĂ©rapeutiques. Elle est Ă  effectuer et Ă  distinguer selon le temps partiel thĂ©rapeutique, suit un arrĂŞt Ă  temps complet ou non. Et elle doit intervenir Ă  terme Ă©chue, car l’indemnisation se calcule sur la perte effective de salaire. Alors attention, elle ne peut correspondre qu’Ă  une seule pĂ©riode continue Ă  la fois.

Petit point d’attention concernant les attestations de salaire pour les employeurs qui pratiquent la subrogation, il est impĂ©ratif de bien cocher la case prĂ©vue Ă  cet effet et de bien renseigner les bonnes pĂ©riodes de subrogation qui correspondre aux montants passĂ©s en paye. Et ainsi Ă©viter les rĂ©gularisations de trop perçues ou de trop versĂ©es.

Et attention aussi Ă  ne pas indiquer sur l’attestation de salaire la date exacte de fin d’arrĂŞt en date de fin de subrogation. Sinon, l’employeur serait dans l’obligation de faire une nouvelle attestation de salaire pour chaque prolongation pour que la CPAM prenne en compte la demande de subrogation.

Donc, il vaut mieux partir sur une période plus large de subrogation, quitte à faire une AS rectificative avec une fin de subrogation. plutôt que de rééditer une AS à chaque prolongation.

Laure-Hélène SIRANOSSIAN : Dans le même esprit, si on prend le cas d’un salarié sortant qui serait encore en arrêt au moment de sa sortie, il faut bien penser à renvoyer une AS avec fin de subrogation à la date de sortie du collaborateur pour qu’il perçoive directement les IJ.

3. Le versement des sommes

Laure-HĂ©lène SIRANOSSIAN : Une fois que la CPAM a bien reçu l’arrĂŞt de travail du collaborateur et qu’elle a reçu une attestation de salaire qui coĂŻncide avec les Ă©lĂ©ments, elle va pouvoir procĂ©der au calcul des indemnitĂ©s journalières et au versement des sommes. Soit le salariĂ© reçoit directement ses IJ, soit c’est l’employeur qui les rĂ©ceptionne dans le cas oĂą il subroge.

Amandine JULLIEN : Dans le cas de la subrogation, toujours dans l’optique de sĂ©curiser la gestion de l’absence, il est vraiment primordial de suivre le recouvrement des IJ subrogĂ©es auprès des organismes, c’est-Ă -dire effectuer un rapprochement de donnĂ©es entre les montants passĂ©s en paye et les montants remboursĂ©s par la CPAM.

Une bonne gestion du recouvrement des IJ subrogĂ©es, permet d‘Ă©viter le retard de rĂ©cupĂ©ration. De manière gĂ©nĂ©rale,  nous constatons qu’un dossier bloquĂ© depuis plus de 90 jours, va aboutir Ă  une rĂ©cupĂ©ration de 50%. La gestion mensuelle d’un recouvrement est vraiment nĂ©cessaire pour la bonne gestion de la trĂ©sorerie, mais aussi pour anticiper les rĂ©gularisations auprès des salariĂ©s.

Le précompte : à quoi ça sert ?

Pour effectuer un bon suivi de ces flux, nous conseillons de mettre en place le précompte des montants passés en paye. Pour que le suivi soit efficace, il faut savoir ce qui est en attente. Pour savoir ce qui est en attente, il faut précompter. Ne pas effectuer de précompte, en apparence  semble plus simple, mais pas dans les faits.

D’une part, l’employeur fais une avance sur les charges sociales, et d’autre part, nous ne savons pas ce que nous attendons de la part de la CPAM. Donc sans prĂ©compte, nous ne sommes pas capable de calculer l’encours et ce qui est provisionnĂ©. L’une de nos prĂ©conisations, est de mettre en place le prĂ©compte en cas de subrogation.

Pour rappel l’employeur a un délai de deux ans + 1 trimestre (c’est-à-dire 27 mois) pour recouvrer le montant d’une IJ avancée sur le bulletin de salaire d’un salarié. Passé ce délai, sans réclamation portée auprès de la CPAM, l’employeur qui demande le remboursement d’une IJ se verra appliquer une prescription. Les montants devront ainsi être passés en perte. D’où l’importance de détecter les écarts au plus tôt.

4. Le passage en prévoyance

Laure-Hélène SIRANOSSIAN : Pour terminer, un mot sur le passage en prévoyance : Après avoir sécurisé toutes les étapes précédentes, il reste à effectuer un bon suivi des dossiers déclarés auprès de la prévoyance. Dans la majorité des cas lorsque le dossier est bien suivi côté CPAM/MSA, les indemnités journalières de prévoyance se déclenchent automatiquement.

Cependant il est possible que l’organisme de prévoyance attende des éléments dans la constitution du dossier :

  • La fiche descriptive mĂ©dicale que le salariĂ© doit fournir,
  • Le certificat mĂ©dical initial,
  • Le dĂ©compte de versement IJ si le flux NOEMIE n’est pas actif.

Amandine JULLIEN : Il est important de pouvoir également bien suivre les dossiers de prévoyance pour justement éviter les problématiques du versement du complément de salaire.

Et encore une fois, une bonne gestion des dossiers de prĂ©voyance jusqu’Ă  la clĂ´ture des dossiers en fin de droit, permet d’avoir une meilleure provision de la part de l’assureur et permet d’Ă©viter les augmentations tarifaires qui vont ĂŞtre liĂ©es Ă  la provision des dossiers qui n’ont pas Ă©tĂ© signalĂ©s comme clĂ´turĂ©s.

En synthèse

Donc, Laure-HĂ©lène, pour conclure, si nous synthĂ©tisons les points essentiels de ce que nous venons d’aborder.

Laure-HĂ©lène SIRANOSSIAN : D’une manière gĂ©nĂ©rale, le paiement d’un dossier peut ĂŞtre bloquĂ© pour deux raisons:

  • soit un justificatif et manquant,
  • soit les infos portĂ©es Ă  l’attention de la CPAM ne sont pas conformes.

La CPAM bloque alors le paiement.

La sécurisation de la gestion de l’absence passe par un bon suivi et une attention particulière portée à chaque étape du traitement du dossier du salarié.

  • Premièrement un arrĂŞt de travail correctement complĂ©tĂ©,
  • Une saisie conforme,
  • Le bon paramĂ©trage des outils de DSN Ă©vĂ©nementielles.

Cela implique de connaître les règles et pratiques de la CPAM afin d’être en capacité d’identifier au plus vite les motifs de blocage, que l’on prenne contact rapidement avec le collaborateur en cas d’anomalie constatée ou qu’un document est manquant.

Amandine JULLIEN : Si toutes ces précautions sont suivies, nous limitons les blocages CPAM et le non-versement des IJ.

A noter qu’en cas de subrogation une gestion de l’absence réalisée de manière partielle et imprécise entraîne un taux de recouvrement d’IJ d’environ 50%, tandis qu’un bon suivi associé aux bons contrôles et aux bonnes actions tels qu’évoqués ce jour, entraînent généralement un taux de recouvrement naturel d’environ 80, voire 85%.

MalgrĂ© toutes les prĂ©cautions que nous pouvons prendre, comme nous venons de le voir aujourd’hui, nous notons qu’il y a toujours 15% d’IJ qui restent Ă  dĂ©bloquer puisqu’il subsiste des impondĂ©rables.

Pour identifier efficacement les montants attendus et permettre un suivi efficace, on ne peut que mettre évidence l’intérêt du précompte qui permet entre autres de mesurer le montant restant à récupérer auprès de la CPAM et permettre ainsi un bon suivi. Mais également, de suivre les actions de relances auprès des CPAM et de vos collaborateurs.

Le précompte est vraiment un sujet à part entière qui pourra faire l’objet d’un podcast dédié.

N’hĂ©sitez pas d’ailleurs Ă  nous indiquer en commentaire les sujets que vous souhaiteriez que nous abordions lors d’une prochaine session du format podcast La Voix DRH. Et merci Ă  tous pour votre Ă©coute.

Le podcast touche à sa fin. Et nous vous disons à très vite.

Laure-Hélène SIRANOSSIAN : Merci beaucoup.

Podcast-la-voix-des-rh-arret-de-travail

Auteurs

Amandine-jullien
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