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Brexit : quels impacts sur l’accès aux financements européens pour les sociétés britanniques ?

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Actualités
juillet 12, 2016

Brexit : quels impacts sur l’accès aux financements européens pour les sociétés britanniques ?

Des sociétés, universités et centres de recherche au Royaume-Uni sont parmi les premiers participants dans le programme de financement pour l’innovation de l’Union Européenne, Horizon 2020. Comment seront-ils impactés par le Brexit ?

Dr Caroline Elston-Giroud, Directeur Subventions Européennes, Ayming UK

Aujourd’hui le Royaume-Uni est en train de s’adapter à la politique post-Brexit. Peu importe les centaines d’enjeux divers que les gens ont exprimé par leur vote, une chose est certaine – l’incertitude règne.

Les hommes et les femmes politiques, citoyens, entreprises, voisins Européens et spectateurs mondiaux attendent tous impatiemment de voir ce qui va remplir le vide actuel et ce qui va mettre des idées et de la stabilité sur la table.

Quid de la Science, la Technologie et l’Innovation au Royaume-Uni dans cette situation ?

Le vote britannique pour quitter l’UE laisse les scientifiques et les innovateurs inquiets quant à la participation aux programmes de financement de l’UE. Des universités aux entreprises, en passant par les centres de R&D, le Royaume-Uni a eu un énorme taux de réussite en termes d’attribution de financements européens pour la science depuis une vingtaine d’années. De 2007 à 2013, le Royaume-Uni était deuxième, derrière l’Allemagne, en termes de montants reçus de l’UE pour des projets de R&D.

Depuis 2014, les universités britanniques ont déjà reçu 5 milliards d’euros en financements, selon les données de la Commission Européenne. Les PME innovatrices ont réussi tout autant à obtenir des financements dans cet environnement extrêmement compétitif.

Le vote pour le Brexit crée évidemment de l’incertitude sur le futur statut des organisations britanniques et l’obtention de subventions européennes vitales pour la R&D dans des domaines clés pour leur avenir : changement climatique, développement durable, énergies renouvelables, vieillissement des populations, « big data » et sécurité.

Et maintenant ?

Dans un avenir proche, rien ne va changer, mais les organisations britanniques vont devoir se préparer et s’adapter rapidement.

Pendant les deux ans de négociations qui démarreront après le déclenchement de l’article 50, le Royaume-Uni, en théorie, continuera à bénéficier des conditions actuelles. Jusqu’à ce que les leaders politiques décident de son futur parcours., Les acteurs britanniques devraient retenir la possibilité de participer à des projets européens. Mais d’où viendra l’argent ?

En pratique, Bruxelles et les leaders européens ne devraient pas rendre les choses faciles pour le Royaume-Uni, et il est évident qu’ils auront envie de persuader d’autres pays de l’UE de faire de même.

La Commission Européenne a déjà expérimenté cette approche ferme : en 2014, la Suisse a été rapidement exclue du club européen de financement pour la science et la technologie quand ils ont voté pour limiter l’immigration. Plus de deux ans après, le gouvernement suisse paye encore ce résultat et autofinance la participation de partenaires suisses dans des projets technologiques pan-européens.

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Préserver la position scientifique forte du Royaume-Uni

Quelle que soit l’issue politique des six à douze prochains mois, il est vital pour le Royaume- Uni que son gouvernement définisse des mesures concrètes leur permettant d’accéder à la participation aux projets scientifiques et technologiques pan-européens. Par ailleurs, il devra prendre des mesures pour préserver le flux d’argent versé aux chercheurs et aux innovateurs pendant les deux prochaines années et au-delà.

A travers l’Europe, et même le monde, la science, la technologie et l’innovation sont considérées comme des indicateurs essentiels de la santé et de la prospérité générale d’un pays.

Le Royaume-Uni est fort dans tous ces domaines, il est un acteur clé sur la scène globale ; une fois le calme revenu, cette position ne devrait pas fondamentalement changer et ses leaders politiques devraient tout faire pour la préserver.

Des solutions nationales prêtes à l’emploi sont à envisager pour préserver le soutien financier à la science et à l’innovation A ce jour, les sociétés britanniques peuvent demander des crédits d’impôts à l’Etat pour leurs activités de Recherche & Développement, mais pas pour leurs activités d’innovation.; Cette différence existe également entre les sciences « dures » et les sciences sociales. En ouvrant les portes à de nouveaux types de financement ou en élargissant le périmètre des activités qui peuvent recevoir du soutien financier, le gouvernement pourrait préserver l’excellente position globale du Royaume-Uni.

Enfin, le Royaume-Uni est la deuxième économie de l’UE, il contribue de manière très importante au budget global, nous verrons donc des répercussions sur le prochain programme pan-européen de financement de la recherche et de la science, après Horizon 2020. Dans une situation post-Brexit, le Royaume-Uni devrait peut-être chercher à redevenir un voisin fiable et stable, plutôt qu’un membre « difficile » de la famille.

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