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Reprise d’activité : l’écoute, une étape nécessaire avant l’action

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La crise sanitaire que nous connaissons actuellement a des conséquences et des effets sur chacun de nous. Que ce soit à un niveau personnel ou professionnel, nous avons vécu et réagi en fonction de ce que nous sommes, au sein d’un océan d’incertitudes.
Avant de demander aux salariés d’être engagé et de parler de relance d’activité, il va être primordial de prendre la température de la santé mentale et physique de chacun d’entre eux et de reconnaître leur investissement.

Ces derniers mois nous avons avancé pas à pas en fonction de trois impératifs : notre santé, notre vie personnelle, notre travail. Pour la majorité d’entre nous, les trois sont intrinsèquement liés et s’influencent.

Aujourd‘hui, à tort ou à raison, nous voulons croire à une évolution positive et rapide de notre condition. Nos pensées et nos actions se focalisent sur une relance de l’activité telle qu’elle existait au niveau pré-pandémique et ce, le plus rapidement possible ! Consciemment ou non, nous faisons alors le lien avec la sécurité de notre emploi puis avec celle de notre famille et enfin avec notre santé. En découle une grande source d’incertitude mais également de motivation ! De nombreux articles fleurissent d’ailleurs, prônant l’action, l’engagement des collaborateurs, sur fond d’esprit de relance de l’activité.

Nous devons cependant nous interroger :

Ces stratégies de relance sont-elles construites en fonction des ressources humaines disponibles ou sont-elles structurées en fonction de l’objectif à atteindre ?

Une réflexion concernant la relance économique doit passer par une analyse de l’activité passée tout autant que par celle des collaborateurs dans le moment présent.

  • Comment ont-ils répondu aux impératifs de production ou de service ces derniers mois ?
  • Dans quelles conditions ?
  • Dans le cas où cela n’a pas été possible, quels freins sont apparus ?
  • Internes et/ou externes ?
  • Ont-ils arrêté de travailler ?

Beaucoup de salariés n’ont jamais cessé d’être impliqués dans leur emploi en fonction des informations ou malgré le peu d’info dont ils disposaient.
Grâce à eux, les soins et l’approvisionnement alimentaire ont pu être maintenus, tout comme nos ressources essentielles, chauffage, eau, électricité…

Dans des conditions difficiles, nombreux sont ceux qui ont continué à travailler, parfois jusqu’à s’épuiser. Pour ceux-là, la question n’est plus de savoir s’ils sont engagés, mais comment veiller à ce qu’ils le restent demain.

Nous devons dès lors être attentifs au questionnement suivant : « Comment pouvons-nous agir pour demain, sans occulter involontairement l’investissement présent de nos collègues, collaborateurs, salariés ?

Nous devons prendre le temps de reconnaître cet investissement même si nous sommes conscients d’une réalité économique difficile au sein d’une crise sanitaire inachevée.
Nous devons prendre le temps de reconnaître l’investissement de tout un chacun.

Cela passe par l’écoute, une étape nécessaire avant l’action.

Nous devons aujourd’hui faire preuve d’une attention particulière aux ressentis de nos collègues et nous enquérir avec intérêt et attention de leur état d’esprit actuel :

  • Comment s’est passée pour toi cette période particulière ?
  • Comment puis-je t’aider ?
  • Qu’est ce qui t’a manqué ?
  • Qu’est-ce qui a été difficile pour toi ?
  • De quoi as-tu besoin aujourd’hui dans cette période de reprise d’activité ?

Et dépasser le simple : « ça va ? », souvent bien creux et rassurant surtout pour celui qui le dit.

Osons un parallèle avec la visite chez notre médecin traitant. Avant l’étape du diagnostic, le moment de l’écoute a toute son importance : seul moyen pour nous permettre d’exprimer nos difficultés. Cette première étape permet au professionnel de santé de cerner avec le plus de précisions possibles nos maux afin d’établir un diagnostic pertinent et les actions thérapeutiques adaptées.

C’est un schéma à reproduire si nous souhaitons engager des actions adaptées et également si nous ne voulons pas risquer de passer à côté des sources d’engagement de celles et ceux qui ont toujours répondu présents.

Certes nous ne sommes pas tous des thérapeutes ou des professionnels de santé, formés à l’écoute… Nous l’entendons souvent dire lors de formations dispensées aux encadrants… En effet, mais cela ne nous dispense pas de demeurer attentifs à l’ensemble des signaux qu’un collaborateur laisse tout autour de lui.

En effet, comment pourrons-nous parler d’engagement et de relance de l’activité si nous sommes incapables de prendre la température de la santé mentale et physique de nos salariés et, plus globalement, de nos équipes : Notre Ressource Humaine !

La prévention des risques psychosociaux, dans le but de permettre le développement d’une qualité de vie au travail adaptée, doit passer par cette étape.

La notion de risque sera toujours présente. Cependant, il est important de ne pas réaliser trop vite des actions de relance non adaptées, c’est-à-dire celles qui nous conduiraient dans trois mois à prendre conscience que nos émotions nous ont amenés à courir de manière désordonnée devant la machine économique que nous souhaitions relancer.

Les crises sont toujours des opportunités d’autocritique de nos organisations et d’améliorations. À nous de ne pas passer à côté d’elles.

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